Salut l’ekip , hajourd’hui sur la moulerie , un petit recit de la route poponleon , qui à été toute ma premiére randonée de grand garçons , 12 jours d’itinérance tout de même . Ce petit article à pour but de retracrer tout ce petit périple
Jour 0
Jour 0 : Transport de la mort
Pour préparer notre départ sur la Route Napoléon, on a dû faire tout un micmac pour ne pas laisser de véhicule au point de départ (ligne droite oblige).
Il fallait récupérer du monde au point d’arrivée qui, pour notre tracé, se trouve à Neffes. Du coup, je décolle de Toulon pour aller à Neffes, dans les Hautes-Alpes, afin de redescendre une jument et un mulet jusqu’à notre point de départ, Escragnol.


Une fois le colis récupéré, je dois retourner à Toulon pour récupérer la poule, puis je récupère un collègue pour qu’il puisse me mener à Escragnol.
Au final, on arrive à poser la poulette à 21h30. Des pizzas nous attendent, mais la journée a été éprouvante.
Suite le lendemain matin !
Jour 1
Escragnol → Peyroules — 25 km

Et comme le dit la chanson : « C’est le jour 1, celui qu’on retient… » naninanan !
C’est le premier chargement de l’ensemble des animaux et ça prend du temps. On part sur le coup de 10h30 et, au final, avec des animaux de bât, on n’avance pas très vite : entre 3 et 5 km/h.


On arrive finalement sur le coup des 18h-19h. Les paysages sont sympathiques : on est sur le début des Alpes, saupoudrées de cailloux provençaux. On passe entre barres rocheuses et petites montagnes, c’est très joli.


Par contre mon copain le cafard des bivouac revient en début d’après-midi et vient s’inviter pour le reste de la soirée. Mon copain le cafard des bivouac c’est toute me petites angoisse de bivouac » ques que je fais ici , ho zeubi ma bestiole le vie bien ? je vais arriver au bout ? ect ect .

Jour 2
Peyroules → La Garde — 10 km

Petite étape en vue de la préparation de l’étape du jour 3, qui sera un peu plus importante.

On arrive à l’endroit du bivouac aux alentours de 13h. On range un peu tout le monde et on se pose pour préparer la journée de demain.




Le cafard est encore là pour le moment, même si c’est un peu moins fort.

Il fait chaud et tout le monde en souffre plus ou moins. Pour le lendemain, on opte pour un changement de stratégie : se réveiller très tôt pour préparer à la fraîche et partir le plus tôt possible, sur le coup des 7h.
Ce sera notre record à battre pour le reste du séjour !


Jour 3
La Garde → Castellane → Blieux — 27 km
Grosse étape pour notre convoi aujourd’hui, avec 27 km prévus.
On met en application notre stratégie de la veille, avec un réveil aux alentours de 4h30 pour un départ à 7h, à la fraîche.
La matinée commence bien. Malgré les grosses départementales, on arrive sereinement à Castellane. Très jolies roches au passage !
On en profite pour recharger un coup à la boulangerie du coin et on repart juste après. Le café a été salvateur !

Ensuite, on commence le gros du dénivelé, avec une grosse côte de 800 m de dénivelé. On perd quelques affaires, mais on continue de bien avancer.
En redescendant, on espère trouver de l’eau pour les animaux, afin de remplir un coup les gourdes et de faire boire tout le monde.



On ne trouve pas d’eau au cimetière, mais on tombe sur un charmant couple de Belges qui nous remplit les gourdes et abreuve les animaux !

Ensuite, on repart pour le reste du tracé du jour. Mais les heures passent et les effets de la chaleur commencent à se faire sentir.
On décide de faire une pause pour pouvoir repartir et finir l’étape du jour, qui commence à être longue. Surtout avec la chaleur qui s’ajoute, ça devient un peu plus dur.
Mais on finit par arriver à Blieux.
Une fois arrivés, on a le temps de s’installer avant de finalement se prendre un gros orage. Par chance, voyant l’orage arriver, nous avions monté un tarp sous lequel nous avons pu nous abriter.


La pluie ne s’est arrêtée de tomber que vers 20h30.


Pour gagner du temps, nous sommes allés nous doucher dans le ruisseau juste à côté. Après tout ça, toute une organisation pour filtrer l’eau, puis un coup de soupe et au lit !
Jour 4
Blieux → Senez

La journée d’hier avait un peu entamé le moral de tout le monde : la chaleur, le petit orage de fin de journée et la longueur de l’étape…


Pour cette journée, nous avions besoin d’une journée plus facile, ce qui a été le cas.

On commence par une belle piste qui nous a gentiment amenés en haut d’une petite montagne, depuis laquelle nous avions une très belle vue sur les environs.



Une fois la vue passée, nous avons commencé à redescendre doucement vers le petit village de Senez.
La descente commence par une piste pleine de cailloux et se termine dans le fond de la vallée, où nous rejoignons un petit chemin qui traverse de jolies gorges.
J’ai apprécié les traverser au plus vite : il y avait un peu de gaz, comme on dit dans le milieu !

Ensuite, après les gorges, la journée se finit par une belle piste forestière où nous avons réussi à avancer à une bonne allure.
Cette piste nous a menés à Senez, très joli village où nous avons pu dormir en gîte.


En arrivant tôt, nous avons réussi à nous poser. Mes petits cafards sont revenus momentanément, mais le temps et la fraîcheur apportée par l’orage les ont calmés pour un temps.
La bière du soir et les échanges avec les locaux m’ont bien remonté le moral aussi, il faut dire !
Après une bonne nuit, nous sommes repartis pour la cinquième étape de la randonnée.
Jour 5
Senez → La Clappe
Avec les risques de passages compliqués, nous sommes encore partis assez tôt.
Les orages d’hier ont laissé place, au petit matin, à un agréable brouillard qui nous a accompagnés jusqu’au petit village de Salernes.


Le rythme est bon et on se prend alors une petite pause pour aller prendre des cafés et faire deux-trois courses.

Une fois tout ça fait, nous sommes partis pour l’ascension de je ne sais plus quelle montagne !
Cette ascension s’est déroulée sans embûche et avec un bon rythme, ce qui m’a permis de commencer à rentrer un petit peu dans ma tête et de prendre davantage le temps de profiter.
Une fois arrivés en haut du col, on redescend par une piste qui, peut-être, ne passe plus correctement à cause de petits éboulements qui pourraient nous empêcher de passer.
On réorganise notre petit wagon et on est prêts pour notre descente.

Au final, le petit wagon reprend son petit chemin.
On tombe sur la première difficulté : ça passe en mettant pied à terre, mais ça passe ! Un éboulement avait commencé à avaler le chemin.
Deuxième difficulté : rebelote, et ça passe aussi !
Du coup, on traverse la zone de difficulté pour retrouver la route.
Une fois la route retrouvée, on l’a gentiment suivie pour arriver tranquillement au refuge de La Clappe, où nous avons été accueillis dans un chouette petit gîte tenu par un charmant couple de Marianne.


L’après-midi est consacrée au repos, à la gestion des bobos et à la récupération.
Puis vient un petit apéro bien du Sud, avec un petit jaune et quelques échanges d’anecdotes — notamment sur Fiat, pour « Ferraille Invendable à Toulon » !
Et après ça, au lit !
Direction Digne demain.
Jour 6 — La Clappe → Digne

Après le chouette repos de la nuit, la petite musique reprend : petit café, petit déjeuner, puis tout le monde range son barda. Pendant que les uns préparent les chevaux, les autres plient les parcs et les cordes.
Une fois la petite musique terminée, le rythme de la balade reprend. On descend de La Clappe et on s’engage sur le GR. Les chemins sont sympathiques, d’autant plus quand on est au frais !
Et là, premier obstacle de la journée : une fosse avec un pont constitué de rondins de bois. Le pont ne pouvait pas passer et, étant donné que nous étions au début du chemin, il y avait fort à parier que nous allions retomber sur d’autres difficultés du même genre par la suite.


On décide donc de rebrousser chemin et de passer par la route un peu plus haut. On évite ainsi les aléas du chemin et on finit par retrouver le tracé initial.
Ce tracé nous emmène dans le fond d’une charmante vallée, qui est bien agréable avec la fraîcheur matinale. Le chemin continue, on traverse un petit village tout mignon, pour ensuite commencer l’ascension d’une petite colline exposée au sud.
C’est rigolo : les façades sud, dans le coin, ressemblent plus à des forêts méditerranéennes, alors que les façades nord ont un petit goût d’alpin.
Le soleil commence à chauffer et l’ascension se fait tranquillement. On repasse ensuite sur le versant nord pour arriver sur notre deuxième difficulté de la journée : une partie du chemin a été ravinée par les pluies.
On arrive tout de même à passer. Au passage, un des mulets de bât tombe dans la petite ravine, mais heureusement, rien de grave : juste de quoi réveiller le mulet en question !
Après ces émotions, la descente suit son rythme et on retombe petit à petit dans un environnement méditerranéen au fur et à mesure que l’on s’approche de Digne.
C’est aussi le moment pour notre troisième difficulté de la journée : un passage canadien qui, en temps normal, n’aurait pas posé de problème grâce au portillon permettant aux cavaliers de passer.
Seul petit bémol : des guêpes maçonnes avaient décidé de faire leur nid dans la barrière en question.

S’ensuit toute une réflexion collective pour savoir comment contourner cette difficulté. Faire un détour ? On ne sait pas si les chemins passent. Passer par-dessus ? Impossible, ça ne passe pas bien pour les animaux.
Au final, on choisit de faire passer les animaux un par un par le portail, en gardant celui-ci ouvert avec une ficelle pour éviter toute manipulation de la barrière.
Et troisième difficulté contournée !
Au bout du chemin, on arrive dans la petite ville de Digne, que l’on traverse avec notre petite caravane, en faisant quelques bouchons au passage.
Cela nous amène dans le jardin d’une charmante famille, qui nous a formidablement bien accueillis.


À partir de ce moment-là, petite pause et séparation en deux groupes : un groupe pour aller se ravitailler en ville et un deuxième groupe qui s’occupe des parcs.
Une fois nos tâches respectives terminées, un petit bain fort agréable est pris dans le petit coin d’eau.

S’ensuit un goûter, durant lequel nous échangeons sur la vie avec nos hôtes et leur passé à Tahiti.
Après ça, un petit repas et au lit !
Il faut être frais pour le lendemain, direction Thoard !
jour 7 Digne thoards


Après une bonne nuit de sommeil, bien que chaude (Digne, c’est quand même un peu plus au sud), je me réveille, replie mon barda de dodo et vais voir les mules et les chevaux. Après un premier coup d’œil rapide, tout semble aller bien. Du coup, je redescends prendre le petit déjeuner et un café.
Une fois le café pris, je vais voir la poulette. Je remonte et, chose étrange, elle n’a pas bougé de son emplacement. Je m’approche et, en fait, elle s’était enroulé la corde autour d’un arbre. Sur le moment, c’est un peu le coup de stress dans ma tête. J’essaie de vite trouver une solution. Par chance, elle n’a pas paniqué et n’a pas eu de réaction dangereuse, et j’ai réussi à lui enlever l’entrave.
Bilan de la mésaventure : pas de boiterie et pas de blessure grave, mais de belles blessures de frottement qu’il va falloir surveiller. Mais aussi, et surtout, des dégâts mentaux de mon côté. Dans ma tête, je ne savais pas depuis combien de temps elle était bloquée et, de manière générale, j’avais envie de me mordre les couilles, comme on dit dans le jargon.
Et comme une carabistouille ne vient jamais seule, les blessures de notre autre mulet de bât ne vont pas mieux. On se retrouve avec un gonfle, gonfle qui, dans un cadre classique, passe facilement avec du repos, mais qui, dans le cadre d’une itinérance, est vraiment problématique.
Du coup, adaptation. Par chance, nous avions un cheval de secours : notre magnifique KWPN, qui, pour ce jour, allait devenir notre KWPN de bât.

Une fois les solutions à l’ensemble de nos pépins trouvées, on a fini les préparatifs et nous sommes repartis en direction de Thoard, cette fois-ci !
Du coup, rebelote : on retraverse Digne dans l’autre sens pour aller récupérer la montagne juste derrière Digne, avant de commencer les petits chemins qui s’enfoncent dans la ville, puis dans la montagne. On se fait un petit point bât. Une fois que tout est bon et revérifié, on commence notre ascension tranquillement.


Les chemins, bien qu’un petit peu serrés, passent plutôt bien dans l’ensemble et on monte tranquillement jusqu’à rejoindre une piste. Cette piste finit par déboucher sur une sorte de crête qu’il faut monter. Et cette montée a duré un petit paquet de temps. C’était notre montée de bienvenue dans la variante des Monges de notre tracé.


Mais petit à petit, on vient à bout de la montée. Et zeubi, que c’était dur avec la chaleur ! Mais on arrive en haut.
Une fois cette petite grimpette terminée, on entame la redescente, qui nous amène dans un premier temps dans une vallée, puis nous rebascule à nouveau dans un environnement plus alpin. Cette descente nous amène à traverser une jolie forêt bien ombragée et très agréable, où nous allons faire une petite pause pour manger.


Mentalement, avec le bobo de ce matin, je suis un peu dans le dur. À ça s’ajoute le fait que Thoard est une étape où je connais du monde, et la tentation de se dire : « Bah, j’en ai déjà fait pas mal, j’arrête là » était forte. J’ai donc passé pas mal de temps dans ma tête à discuter avec moi-même, sans trop profiter du moment présent.
Heureusement que les copines étaient là pour me remettre les idées en ordre pendant la pause du midi.
Après la pause du midi, on reprend notre petit chemin et on finit la descente jusqu’à Thoard. Et là, on bascule à nouveau dans un pays de caillasse et de chaleur. Mais au moins, on est accueillis par de jolis petits champs de lavandin.


La descente, avec la chaleur, a commencé à être un petit peu longue sur la fin, tout de même, mais on finit par arriver à Thoard sur le coup de 16 h environ.
Pour cette nuit, nous serons dans le gîte communal. Seul petit hic : le gîte est à une petite trotte du lieu où parquer les bestioles pour la nuit (800 m, à la louche), et autre effet kiss cool : on n’avait pas de foin.
Bon, du coup :
Étape 1 : on décharge tout le monde au gîte.
Étape 2 : on amène toute la marmaille jusqu’à leur lieu de parking.
Étape 3 : on desselle tout le monde et là, on fait une petite pause.
On se met d’accord sur l’organisation des parcs et, moi, j’essaie d’appeler des copains du coin pour trouver du foin.
Au final, on parque les chevaux et, une fois tout le monde installé, un copain de l’endurance nous livre une botte. Et, par-dessus tout, il finit par nous inviter à prendre une bière au bar du village, une fois les chevaux nourris et posés.

La bière est salvatrice dans ces journées-là. C’est aussi l’occasion d’échanger avec des mordus d’endurance, et ça, c’est souvent très chouette.
En plus de cette bière, ils nous ont donné de précieux conseils sur le tracé du lendemain, ce qui nous a évité un sacré détour.
Après ça, on est allés manger une bonne pizza et au lit.
La journée a commencé durement, mais on a su tout gérer et on est bien arrivés à Thoard, avec, en prime, une bière et des conseils sur le tracé.
Du coup, demain, direction Authon ! Par les crêtes !
jour 8 Thouars Authon
On reprend la journée là où on s’était arrêtés, c’est-à-dire avec une partie des humains dans le gîte, avec les bagages, et les équidés garés plus loin, à environ 800 m.
Pour simplifier la logistique, on avait tranché : pendant que les copines commençaient à plier les parcs et à préparer les animaux, je ferais les allers-retours pour ramener les bagages et les caisses au niveau des chevaux.
Le plan fonctionne plutôt pas mal et la petite musique fait son tour encore une fois.
Et nous voilà sur le départ, sur le coup de 7 h ou 8 h, je ne sais plus exactement. Sur les conseils de notre copain de l’endurance, nous partons rejoindre une petite piste forestière qui nous rapproche tranquillement du chemin des crêtes.
On pouvait même faire des siestes : on s’endormait avec le balancement du pas chaloupé des mulets.
Puis arrive la dernière montée, un peu raide, et nous voilà sur les crêtes.
N’étant pas montagnard, je me faisais un petit peu dessus à l’idée de monter me balader sur des « crêtes ». Mais au final, pour ces crêtes-là, ça valait carrément le détour. La vue de là-haut était vraiment pas mal et les crêtes n’étaient pas du tout aussi impressionnantes que je l’imaginais.


On continue de longer ces crêtes sans problème majeur. On profite un peu plus du moment, le fessier se desserre un petit peu et ça roule tranquillement tout le reste de la matinée, jusqu’à trouver une petite clairière pour faire la pause du midi.

Une pause des plus agréables, qui plus est.

Après la pause, la petite musique reprend tranquillement et on finit par arriver presque sans embûche — mis à part un mulet qui décide de taper une guibole — à Authon.
Pour le tracé, c’était vraiment une chouette journée et ça fait du bien.
Et le lieu de bivouac était lui aussi un petit peu magique. Là encore, ça fait du bien : un petit sous-bois à côté de la rivière, où l’on a pu se baigner et passer une bonne nuit !
Et je crois que je commence à apprécier les bivouacs, surtout le matin, quand on se réveille avec une vue sur les chevaux qui font « scrounch scrounch ».

C’était une belle journée. Même le mental commence à suivre.
Le seul petit truc, c’est que j’appréhendais un peu la montagne. Alors qu’on va le voir, finalement, les difficultés n’étaient pas là où je le pensais.
jour 9 authon Lac des monde

On se retrouve au petit réveil, dans notre petit coin de forêt magique, et pour le coup, j’ai vraiment bien dormi. Au niveau des animaux, pas de problème à signaler : tout le monde est là. On reprend nos petites habitudes : le petit café, le petit déjeuner et, une fois tout le matériel plié et prêt à charger, on remet la petite musique pour préparer les chevaux.

L’étape du jour devait être un peu plus tranquille et on part légèrement plus tard. Une fois le petit train d’équidés prêt, on se dirige d’abord vers le village pour aller recharger un coup en eau. Une fois tout le monde bien hydraté, on peut commencer à se diriger vers le lac des Monges.
La montée se fait tranquillement au début. On suit une piste forestière à l’ombre, dans les bois. C’est un moment des plus agréables. Petit à petit, la piste commence à se transformer en chemin de randonnée et la grimpette commence tranquillement, jusqu’à arriver sur un premier plateau très joli, plein d’herbe.

Sur le chemin, on rencontre un troupeau de brebis et la bergère qui l’accompagne. Nous continuons sur ce plateau jusqu’à arriver dans une belle petite prairie, où nous décidons de faire la pause du midi avant d’attaquer la deuxième grimpette de l’après-midi.


Une fois la pause/sieste réalisée, on repart pour le deuxième petit coup de cul de la journée, qui grimpe bien, mais qui, une fois arrivé en haut, laisse apparaître une vue qui n’est pas moche du tout sur tous les alentours des Monges. On voit même Dormillouse au loin : c’est là qu’on sera la semaine prochaine ! On se fait un petit instant photo et nous revoilà repartis pour la suite, direction le lac maintenant.


Point important sur le mental : je savais que le lendemain, on devait passer par un chemin de crête. Petit hic : la seule crête que je voyais en face de moi était, comment dire… Rien que de m’imaginer là-haut, j’étais tout caca culotte.
Heureusement, pour mon petit cœur de caguette, plus on redescendait, plus on s’éloignait de ce col qui m’impressionnait. Et au final, sur la redescente, on se balade dans des prairies toutes jolies, pleines de fleurs et d’herbe. On traverse quelques ruisseaux et, pour le coup, c’est plutôt idyllique. Petit à petit, la prairie laisse place à une sympathique forêt ombragée, pour arriver finalement sur le lac, ce qui clôture notre étape du soir.


Le point cool de notre bivouac, c’est qu’on distingue la crête que l’on va faire, et cette dernière semble bien moins impressionnante.
On reprend la musique du soir et on se répartit les tâches : un groupe va faire les parcs, les autres déchargent les animaux. Une fois le camp mis en place, on commence à essayer de trouver de l’eau. Des sources devaient être présentes dans les alentours.


On décide de se séparer en deux groupes : un groupe reste monter les tentes et l’autre part chercher de l’eau. Le premier groupe part et, après quelque temps, revient bredouille : on ne trouve pas d’eau.
S’ensuit tout un débat sur la manière de trouver de l’eau. On avait le choix entre aller chercher de l’eau à une source située à environ 2 km, ou bien filtrer l’eau du lac. Après tout un échange, on prend la décision de partir à la recherche de l’eau.
On reselle Susu et la jument noire, on récupère des bidons et les gourdes de tout le monde, puis on arrive à la source au bout de quelques minutes… un peu longues tout de même.
Truc relou du soir : la source coule avec un mince filet d’eau et ça prend une plombe pour tout remplir. Truc cool : ça me laisse le temps de remettre les chaussures à Susu. Il n’y a pas de boiterie au niveau des pieds, mais je la sens inconfortable sur les cailloux.

Au final, on remonte et on arrive une bonne heure plus tard avec de l’eau pour tout le monde. Sur le retour, j’ai pu gratter une petite bière à des campeurs qui étaient avec nous.
Après cette petite bière et quelques discussions sur le monde, on s’improvise une séance photo au soleil couchant. Une fois tout ça fait, un petit repas lyophilisé — merci les copines de me nourrir — et nous sommes prêts à aller nous coucher et à faire de beaux rêves.

jour 10 lac des monges la motte du caire
Le réveil de ce jour-là était l’un des plus chouettes : les chevaux et le lac juste derrière nous. Là, je me dis que finalement, les bivouacs, ce n’est pas si mal quand même. Il y a des petits moments magiques. Et là, on reprend notre petite musique.
Aujourd’hui, dans ma tête, c’est la journée la plus compliquée en termes de passages. Il y a deux passages où il faut mettre pied à terre, dont un passage par les crêtes. Je vous passe la petite musique : il n’y a rien à dire, mis à part qu’à partir de ce moment-là, je commence à mettre les chaussures pour la poulette.
On repart sur nos traces d’hier jusqu’à récupérer une petite piste de randonnée qui monte tranquillement dans la montagne, au travers d’une sympathique petite forêt qui, au bout d’un moment, se découvre pour laisser place à une petite vue pas piquée des hannetons.


Peu après, on arrive au premier passage délicat qui me faisait faire caca dans la culotte. Et finalement, c’était un pierrier qui passait très bien à pied. J’ai stressé pour pas grand-chose, au final.
On passe donc ce pierrier, qui longe le sommet des Monges, si j’ai bien suivi. Une fois le premier passage passé, on prend le temps de faire une petite pause collation, puis c’est parti pour les crêtes.

Et encore une fois, la vue est succulente et le terrain n’est pas si technique que ça. Pour le coup, je profite un peu plus de la vue. On suit le chemin des crêtes pendant un petit moment, jusqu’à devoir plonger dans l’alpage plus bas.

Au début, tout allait bien. On arrivait à suivre le chemin, puis ça a commencé à se complexifier petit à petit. Les drailles disparaissaient peu à peu pour laisser place à un vaste espace herbeux qui, à première vue, semblait plutôt homogène, mais qui, en réalité, était plutôt composé de mottes de terre dans tous les sens.


Du coup, ce n’était pas évident d’avancer là-dedans. On avance très lentement dans toute cette histoire. On a un peu l’impression de ramer dans la terre et on n’avance pas tous au même rythme.
À cela, on ajoute le soleil qui tape sur l’alpage. Ça fait beaucoup de fatigue assez rapidement et on commence à être complètement à court d’eau, avec les chevaux qui n’ont pas bu depuis ce matin.
Du coup, tout le monde rame dans ce contexte-là, quand l’un des mulets de bât décide de se rouler. Il faut donc rebâter au milieu de l’attelage, un peu en urgence.
On reprend la route et on finit par tomber sur un berger bien bronzé, qui nous indique où se trouve le point d’eau ainsi qu’un petit bosquet où l’on pourrait se poser.
On va faire boire les bestioles, puis on va, non sans difficulté, chercher l’ombre dans le bosquet, qui se trouvait dans une pente assez importante.
On fait notre petite pause dans la pente. Le redémarrage à partir de là a été un peu dur, mais nous revoilà à évoluer dans cet alpage. On avance un peu comme on peut, chacun de notre côté, et on finit par arriver à ce fameux passage qui, encore une fois, m’inquiétait légèrement, étant donné qu’on nous avait dit que le pas pouvait être bien technique.
La traversée a semblé durer une éternité. Il se peut que j’aie commencé à stresser en me disant qu’on allait devoir remonter tout ça dans l’autre sens.
Au final, le passage passe, et on galère un petit peu après le pas, mais on finit par rejoindre une piste qui nous mène tranquillement vers notre étape du soir.
(Je dis tranquillement, mais on est arrivés à 19 h et il a quand même fait un peu chaud, ahahaha !)
Et là, la délivrance : ce soir-là, nous étions en gîte, avec le couvert. Après une journée aussi remplie d’émotions, pour ma part, ça a fait du bien de ne pas avoir à gérer le bivouac et de pouvoir profiter d’un bon repas !


On aura passé une excellente nuit au gîte de La Motte-du-Caire. Il nous aura donné un avant-goût du retour à la civilisation, ahah : un plat chaud, des douches et un lit propre. Et ça, c’était formidable.
Après ce bon repas, nous sommes partis nous coucher.
Jour 11 la motte du caire tallard
C’est notre dernière grosse journée de randonnée, et la journée s’annonce tranquille. Nous passons principalement par des pistes, sans difficulté majeure sur le chemin. Seul impératif du jour : nous devons arriver assez tard, aux alentours de 19 h, à Tallard. La journée va donc être plutôt calme.
Du coup, nous nous réveillons dans le gîte. Nous profitons d’un bon petit déjeuner et, pour ma part, d’une bonne douche. Nous voilà prêts à préparer les bestioles. Aujourd’hui, c’est plutôt rapide : il n’y a pas de parc à démonter ni de bivouac à ranger. Nous partons donc tranquillement pour cette dernière étape.
Le début de la journée se fait tout en douceur. La fatigue de ce petit périple commence à se faire sentir chez les animaux. Nous avançons tranquillement durant la matinée. Le chemin traverse d’abord les champs, puis emprunte de petites pistes qui s’enfoncent dans les collines. C’est reposant : sur les pistes, tout roule tranquillement, sans encombre, jusqu’à la pause de midi où nous nous installons dans une petite forêt bien ombragée. Nous prenons le temps de faire une belle dernière sieste et un petit pique-nique avec ce qu’il nous reste. Une fois ce moment de calme passé, surtout pour les enfants, nous repartons pour la suite du tracé.


L’après-midi commence tout aussi tranquillement en continuant de nous enfoncer dans la forêt. Mais cette tranquillité est un peu perturbée lorsque nous retrouvons quelques drailles pour passer sur l’autre versant de la colline. Les chevaux de bât se prennent dans les branches et il faut faire attention à toute la petite troupe. Heureusement, ce passage ne dure pas très longtemps et débouche rapidement sur une piste de l’autre côté. De là, nous poursuivons notre route en trouvant une petite source dans un champ pour nous ravitailler, puis une autre fontaine dans un petit quartier. Cette petite route finit par nous mener sur un sentier de GR rempli de petits arbres et de cailloux glissants : notre dernière épreuve de la journée. Après quelques petites émotions, nous arrivons à Tallard et traversons le village avant de longer une route qui, en cette fin de journée, semblait un peu plus longue que d’ordinaire… hahaha.

Mais nous finissons par arriver dans un charmant petit centre équestre où des parcs nous attendent déjà pour les chevaux.
Là, nous répétons une dernière fois la petite musique du soir. Une fois les petits équidés installés, nous montons le bivouac et prenons une douche au tuyau. S’ensuit un agréable dernier repas du soir. Le compagnon de l’une des copines nous ramène quelques bières : quel grand homme !


Pendant ce repas, nous commençons à repenser à toute cette aventure que nous venons de vivre, le tout sous un ciel magnifique au soleil couchant. Après toutes ces discussions, direction le lit pour notre demi-étape d’arrivée à Neffes !


jour 12 tallard Neffe
On se retrouve pour notre dernière demi-étape de notre petit périple et, pour clôturer, on finit par un petit 15 km qui nous balade dans la plaine de Gap, jusqu’à Tallard. Dernières préparations, dernier départ et tout ce qui va avec.
Le réveil s’est fait tranquillement et la trace était assez simple, mis à part pour un petit passage sous un pont où on s’est trompés de route. Mais, mis à part ça, tout va bien !
On arrive en fin de matinée. Tout ce petit temps de trajet m’a permis d’échanger avec les copines de voyage et de commencer le processus de digestion.

En parlant de digestion, une fois les animaux rangés, chacun est parti prendre une douche. Cette douche avait un petit goût de retour à la civilisation, pas désagréable ! Après ce premier retour à la civilisation, on a continué en prenant un bon repas : des oreilles d’âne, spécialité à la crème et aux épinards.
Après ce bon repas, le groupe a commencé à s’éparpiller pour partir chacun de son côté. On m’a déposé à Gap, où une collègue avait deux-trois bricoles à faire, et ensuite j’ai pris un BlaBlaCar pour retrouver la civilisation.
Et là, Susu a été ramenée à Seyne, dans ses quartiers d’été.
Et c’est comme ça que toute cette petite aventure se termine.



Conclusion de tout ce petit périples
Mais du coup, on en tire quoi de tout ça ?
Ça a été dur, en vrai. Il y a bien des moments où je me suis demandé pourquoi je faisais tout ça. C’était une belle sortie de ma zone de confort, mais surtout, au global, un bel apprentissage sur tout un tas de choses.
Après, c’était dur, mais ça valait le coup. J’ai fait tout un tas de rencontres, j’ai découvert un peu plus la région dans laquelle je vis, j’ai vu de beaux endroits et, en plus, je peux me la péter en disant que j’ai fait la route Napoléon à dos de mulet ! Et il y a quand même eu des petits moments magiques. Les levers au bivouac, dans des endroits sacrément chouettes, c’est quand même pas mal.
Plus sur la gestion du mental de mon côté que du côté physique.
Sur le plan mental, il faut que je travaille sur ce fameux lâcher-prise et l’acceptation du moment, sans chercher à vouloir tout prévoir en permanence. Tout ça, c’est un peu la même chose, je pense, mais dans l’idée, je pense que mes coups de cafard étaient en partie liés au fait que je rentre dans une nouvelle routine où je ne connais que dans les grandes lignes à quoi ressembleront les journées d’après.
Cette incertitude provoque de petites angoisses : « Et si ce soir, on n’a pas d’eau ? Et si ce chemin ne passe pas ? Et si ma bestiole se blesse ? », etc., etc.
Couplée à cette incertitude, on retrouve paradoxalement une forme de privation de liberté liée à l’astreinte que je n’expérimente pas au quotidien. Cette privation de liberté vient des équidés dans une itinérance : elle est présente tout au long de la journée et rythmée par les équidés, membres de notre équipe.
Le matin, il faut plier les parcs, préparer tout le monde et gérer les petites blessures. Après, une fois que l’on est en route, on doit avancer au rythme des équidés. On ne peut pas aller plus vite, et il y a certains chemins sur lesquels on ne peut pas passer, etc. Ce qui peut être frustrant comparé à un marcheur qui régule sa vitesse lui-même et qui rencontre beaucoup moins de contraintes sur un tracé.
Le soir, c’est la même histoire : il faut trouver de l’eau pour tout le monde, faire les parcs et tutti quanti.
Toutes ces contraintes laissent moins de place et d’espace mental pour se consacrer à soi-même. Et je pense qu’avec l’expérience, cette charge mentale prend moins de place et permet de plus profiter.
Aussi, les choses deviennent plus compliquées sur les courses : il faut garder les animaux à portée de vue au bivouac, ce qui rend plus compliqué le fait d’aller faire des courses et tutti quanti.
Après, de manière générale, je pense que ça permet aussi de réapprécier les trucs plan-plan du quotidien : les douches et tout ce qui va avec, le bon manger, etc.
D’un point de vue technique, c’était encore une fois assez riche en apprentissages.
Déjà, quand il fait chaud, il fait chaud ! Au-delà du physique, le mental prend un petit coup et c’est ce qui amplifie la fatigue et tout ce qui va avec.
Partir avec beaucoup d’animaux, c’est bien, mais ça prend du temps ! À la préparation et à l’intendance surtout.
Les petits pépins sont inévitables : on rencontrera toujours des petites bidouilles à droite à gauche, une sangle qui blesse, des prises de longe ou je ne sais quoi. Ça fait partie de la chose et il faut l’accepter, je pense.
Sur le tracé, 20 km de piste n’équivalent pas à 20 km sur un tracé où il faut broussailler. Les difficultés techniques peuvent ralentir drastiquement la vitesse. Et ça repose pas mal de passer par de la piste.
La gestion de l’eau, c’est important. Trouver de l’eau quand il n’y en a pas, c’est vite la galère pour tous les animaux, pour se faire à manger et pour boire.
D’un point de vue matériel, ce n’est pas parfait, mais ce n’est pas trop mal.
Le système de sacoches de motard avec une gourde est vraiment très bien, mis à part mon étui à couteau, avec lequel j’ai fini par perdre mon couteau.
Sur le matériel de la mule, le système de boudins était trop chargé sur le début. Mes sacoches n’auraient pas fait l’affaire. Heureusement, on m’en a prêté d’autres que j’ai fini par acheter par la suite.
Contre toute attente, le piquet à chien soudé a bien fait l’affaire. En vrai, un pare-sueur serait tip-top.
Sur mon avaloir, j’ai des marques qui sont apparues au bout de deux semaines : encore une chose à changer plus tard.
Et il faudrait aussi que je change mes entraves. C’est très, TRÈS pratique pour les pauses du midi, mais les miennes, faites maison, ont fini par marquer Susu avec le temps.
Et pour la prochaine randonnée, il faut soit que je parte avec des fers, soit que j’achète des chaussures plus adéquates pour Susu.
Les hipposandales, c’est vachement bien aussi !
Les aprrentisage
Pour conclure, ce bivouac m’a permis de comprendre qu’il faut parfois profiter davantage du moment présent et moins anticiper les choses. J’ai aussi appris à davantage lâcher prise, même si la précipitation m’a parfois joué des tours, notamment avec la perte de mon couteau.
J’ai également retenu quelques astuces pratiques pour la prochaine fois : le piquet à chien est très pratique pour utiliser une longue corde, et je pense que je collerai des fers à mon cheval, ou au minimum que je prévoirai des chaussures. Les aliments lyophilisés sont aussi une bonne solution pour les bivouacs.
On a finalement eu de la chance avec la météo, avec peu d’orages. Et surtout, mon moment préféré reste le soir au bivouac, quand on peut enfin se poser, profiter du calme et savourer pleinement le moment.

Excellent bogoss !